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Mots clés négatifs Google Ads, la liste ne suffit pas

Publié le 19 septembre 202610 min de lecture
A business owner and marketer reviewing an advertising decision in their workplace.
La réponse courte

Une liste de mots clés négatifs toute faite bloque le générique : « salaire », « emploi », « formation », « pdf ». Dans les comptes que nous auditons, cette famille représente rarement plus que quelques dizaines d'euros par trimestre. Le vrai gaspillage se cache dans des termes qui ressemblent à votre métier — « porte claquée que faire », « modèle contrat de travail word », « prime vélo électrique 2025 » — et aucune liste publique ne les contient, parce qu'ils dépendent de ce que vous vendez.

La seule source fiable, c'est votre propre rapport sur les termes de recherche. Exportez 90 jours, triez par coût, et regardez ce qui a dépensé sans jamais convertir. Puis séparez deux décisions différentes : les termes hors sujet (un clic suffit pour trancher) et les termes pertinents qui ne convertissent pas (là, il faut du volume avant d'exclure).

Ce qu'une liste toute faite bloque, et ce qu'elle laisse passer

Une liste générique bloque le bruit évident : les curieux, les chercheurs d'emploi, les étudiants. C'est utile, c'est gratuit, et ça ne récupère presque rien.

Prenons un serrurier parisien, 4 000 € de budget mensuel. Voici un extrait de son rapport sur les termes de recherche, sur 90 jours :

Terme de rechercheCoût 90 jConversions
serrurier urgence paris 11620 €14
porte claquée que faire310 €0
ouvrir une porte claquée sans serrurier240 €0
prix changement barillet180 €2
salaire serrurier12 €0
formation serrurier afpa8 €0

La liste que tout le monde recopie attrape les deux dernières lignes : 20 € sur un trimestre. Elle laisse passer les deux du milieu : 550 €, soit près de trente fois plus. Et ces deux termes-là ne figurent dans aucune liste publique, parce qu'ils ne sont pas génériques. Ils sont le négatif exact de ce que ce serrurier vend.

C'est le problème de fond. Une liste toute faite décrit le marché en général. Votre gaspillage décrit votre offre en particulier : ce que vous vendez, ce que vous ne vendez pas, la zone que vous couvrez, le segment que vous refusez. Deux serruriers à trois rues d'écart n'ont pas la même liste, parce que l'un fait du dépannage 24/7 et l'autre pose des portes blindées sur devis.

Les familles qui reviennent, et pourquoi elles ne se traitent pas pareil

Dans la plupart des comptes, on retrouve les mêmes grandes familles : recherche d'emploi, formation, bricolage, « gratuit » et « modèle », définitions, occasion et petites annonces, aides et subventions, marques concurrentes, avis et litiges, géographie hors zone.

Sauf que chacune se décide différemment selon le compte. « occasion » est du pur déchet pour un concessionnaire de matériel neuf, et c'est le cœur de métier d'un revendeur reconditionné. « avis » est une perte pour un dépanneur en urgence, et une étape d'achat normale pour un logiciel B2B à 400 € par mois. Recopier la famille sans regarder le compte, c'est là que ça commence à coûter.

Le gaspillage cher est toujours propre au compte

Les termes qui brûlent le plus de budget sont ceux qui ressemblent le plus à votre activité. Ils passent les filtres parce qu'ils contiennent vos mots.

Un éditeur de logiciel de paie, 3 000 € par mois. Sur 90 jours, deux familles ressortent : « modèle contrat de travail word », « modèle lettre de démission », « attestation employeur pdf » — 480 € et zéro conversion. Puis « convention collective syntec grille de salaire 2025 », « seuil 11 salariés obligations » — 390 €, zéro conversion. Ensemble, 870 € sur 9 000 € dépensés, soit près de 10 % du budget. Aucun de ces termes n'est absurde : ce sont exactement les mots de son marché. Ce sont aussi des gens qui cherchent un document, pas un abonnement.

Un e-commerce de vélos électriques, même exercice. La famille « prime vélo électrique », « bonus écologique vélo », « aide région vélo 2025 » a coûté 1 100 € sur le trimestre pour zéro commande. Le trafic est énorme, le coût par clic est bas, l'intention est administrative. Un an plus tôt, avant que la prime ne fasse parler d'elle, cette famille n'existait pas dans le compte.

C'est le deuxième problème des listes figées : elles ne suivent pas l'actualité. Une aide publique, un rappel produit, un concurrent qui lève des fonds, un film qui reprend le nom de votre marque — et une famille de termes nouvelle apparaît en quinze jours. Les campagnes en requête large y sont particulièrement sensibles, parce qu'elles sont conçues pour aller chercher ce qu'elles ne connaissaient pas encore.

Dans les comptes que nous auditons, la part du coût qui part sur des termes n'ayant jamais converti et n'ayant aucune chance de le faire se situe le plus souvent entre 10 et 25 %. La proportion issue des familles « génériques » type emploi ou définition est presque toujours marginale dans ce total.

Recopier une liste peut coûter plus cher que de ne rien faire

Une exclusion mal posée ne se voit pas. Elle ne génère pas d'alerte, elle ne fait pas monter le coût par conversion : elle supprime du chiffre d'affaires en silence.

Trois cas qu'on retrouve régulièrement en audit.

« gratuit ». Il est dans toutes les listes. Il bloque aussi « devis gratuit serrurier paris », « diagnostic gratuit toiture », « essai gratuit logiciel paie ». Pour beaucoup d'entreprises de service, « devis gratuit » est le terme qui convertit le mieux du compte.

« pas cher ». Exclu par réflexe par les marques premium. Pour un courtier en mutuelle ou un vendeur de pièces détachées, « mutuelle pas chère senior » est une requête d'achat parfaitement qualifiée.

Le nom d'un concurrent. Exclu pour « ne pas payer sur la marque des autres ». Il bloque aussi « alternative à [concurrent] » et « [concurrent] avis » — des requêtes de gens en train de partir de chez lui.

S'ajoute un piège technique. Une exclusion en requête large bloque les termes qui contiennent tous vos mots, dans n'importe quel ordre, et son comportement est difficile à anticiper quand elle croise vos différents types de correspondance. Une exclusion en mot clé exact, elle, est littérale : Google précise dans son aide que les mots clés à exclure ne prennent pas en compte les variantes proches. « serrure » n'arrête pas « serrures », « velo electrique » n'arrête pas « vélo éléctrique ». C'est exactement pour cette raison qu'une liste recopiée laisse fuir : elle a été écrite avec l'orthographe de quelqu'un d'autre. Le détail est développé dans notre article sur les types de correspondance et les mots clés à exclure, et le pendant côté achat dans celui sur ce que l'expression exacte laisse passer.

Dernier point, moins technique mais plus fréquent : une liste de 300 exclusions collée en une fois dans un compte qui dépense 2 000 € par mois vous laisse sans moyen de savoir laquelle a fait quoi. Si les conversions baissent de 15 % la semaine suivante, vous n'avez aucune piste. Mieux vaut vingt exclusions que vous pouvez défendre une par une.

Deux raisons d'exclure, et elles ne se décident pas pareil

C'est la distinction que la plupart des tutoriels ne font pas, et c'est celle qui évite les erreurs coûteuses.

Exclusion sémantique. Le terme n'a rien à voir avec ce que vous vendez. « salaire serrurier », « c'est quoi un barillet », « stage marketing ». Un seul clic suffit pour trancher. Le volume n'a aucune importance : même à 0,40 € de coût, le terme ne convertira jamais, et il n'y a pas de discussion à avoir. Ces exclusions-là peuvent être posées immédiatement, sans attendre des données.

Exclusion statistique. Le terme est pertinent, mais il ne convertit pas. « serrurier pas cher », « logiciel paie petite entreprise », « vélo électrique pliant ». Là, l'absence de conversion peut vouloir dire trois choses : le terme est mauvais, votre page d'atterrissage est mauvaise, ou vous n'avez pas assez de données. Un terme à 3 clics et 0 conversion ne prouve rien, quel que soit le métier. Une règle raisonnable : n'excluez pas un terme pertinent tant qu'il n'a pas dépensé au moins deux à trois fois votre coût par conversion cible sans rien donner. Si votre coût par acquisition visé est de 60 €, attendez 120 à 180 € de dépense sur ce terme.

Confondre les deux conduit aux deux erreurs classiques. Traiter du sémantique en statistique, c'est laisser « salaire serrurier » tourner six mois en attendant « assez de données ». Traiter du statistique en sémantique, c'est exclure « pas cher » parce que le mot déplaît, et perdre un tiers des ventes.

Un garde-fou vaut pour les deux cas : ne touchez jamais à un terme qui a converti récemment. C'est la règle que PPCleaner applique sans exception — un terme qui a converti dans les 90 derniers jours n'est jamais bloqué, même s'il coûte cher, même si son taux de conversion est mauvais. Ce n'est pas notre rôle de décider que votre coût par acquisition est trop élevé ; c'est le vôtre.

Construire votre liste à partir de vos propres termes de recherche

La méthode tient en une heure la première fois, puis en dix minutes par semaine.

1. Exportez 90 jours. Rapport sur les termes de recherche, toutes campagnes, colonnes : terme, campagne, coût, clics, conversions. Le rapport couvre Search, Shopping et Performance Max — c'est ce que l'API expose dans campaign_search_term_view. Display, Vidéo et App ne remontent aucun terme de recherche : si vous dépensez là, les exclusions de mots clés ne sont pas le bon levier, il faut passer par les exclusions de placements et de thématiques. Notez aussi qu'une fraction de vos termes rares n'apparaîtra jamais dans le rapport, pour des raisons de confidentialité côté Google. Vous ne verrez donc jamais 100 % de la dépense.

2. Triez par coût décroissant, filtre conversions = 0. Lisez les cinquante premières lignes. Pas plus, la première fois. C'est là que se trouvent 80 % de l'argent récupérable.

3. Cherchez le mot commun, pas le terme. « porte claquée que faire » et « ouvrir une porte claquée sans serrurier » ne sont pas deux exclusions : c'est une famille. Le mot pivot est « claquée » — ou plutôt « sans serrurier » et « que faire ». Excluez au niveau de la famille, en expression exacte sur le pivot, et vous couvrez les vingt variantes que vous n'avez pas encore vues.

4. Vérifiez la contre-épreuve avant de poser. Avant d'exclure un pivot, cherchez-le dans l'export complet, conversions comprises. Si « gratuit » apparaît dans trois termes qui ont généré onze conversions, vous venez d'éviter une grosse bêtise.

5. Décidez du niveau. Compte, liste partagée, campagne, groupe d'annonces : ce n'est pas la même portée et ce n'est pas réversible au même coût. Le sujet a son propre article, à quel niveau poser vos mots clés à exclure. Règle courte : les exclusions sémantiques universelles montent au niveau le plus haut, les exclusions statistiques restent au niveau de la campagne concernée.

6. Datez. Notez la date de chaque lot d'exclusions quelque part. Dans six mois, quand quelqu'un demandera pourquoi ce terme ne sort plus, vous aurez la réponse.

Performance Max change les règles du rangement

Performance Max accepte jusqu'à 10 000 mots clés à exclure au niveau de la campagne, mais n'accepte pas les listes partagées d'exclusions. C'est une contrainte d'organisation, pas de volume.

Conséquence pratique : votre belle liste partagée « exclusions génériques compte » ne s'applique pas à vos campagnes PMax. Si vous avez quatre campagnes Performance Max, les mêmes exclusions doivent être poussées quatre fois, campagne par campagne, et maintenues quatre fois. C'est faisable à la main pour trente termes. Ça ne l'est plus pour quatre cents, et encore moins chaque semaine.

Le Shopping standard, lui, se comporte comme le Search : mots clés à exclure au niveau de la campagne et du groupe d'annonces, plus listes partagées. Si vous faites tourner les deux formats, vous avez donc deux régimes de rangement dans le même compte, pour la même intention business. C'est une des raisons pour lesquelles les comptes mixtes dérivent : les exclusions sont à jour côté Search et pas côté PMax.

À noter, parce que c'est une limite réelle et pas un détail : les termes de recherche PMax remontent bien dans le rapport, mais le plafond de 10 000 exclusions par campagne finit par se remplir dans un compte à gros volume. Quand on en arrive là, il faut faire le ménage dans les exclusions les plus anciennes avant d'en ajouter — donc savoir lesquelles servent encore. D'où le point 6 ci-dessus.

Une liste, ça se tient à jour toutes les semaines, pas tous les trimestres

Le gaspillage n'arrive pas par vagues trimestrielles. Il arrive tous les jours, quelques euros à la fois, sur des termes que personne n'avait prévus.

Faites le calcul pour votre compte. Un budget de 5 000 € par mois avec 15 % de dépense sur des termes sans avenir, c'est 750 € par mois, soit 25 € par jour. Si vous regardez le rapport une fois par trimestre, vous laissez filer environ 2 250 € entre deux passages — et vous les récupérez seulement pour la période suivante. Si vous le regardez chaque semaine, la même fuite coûte environ 175 € avant d'être bouchée.

La contrepartie honnête, c'est le temps. Dix minutes par semaine et par compte, ça reste dix minutes ; pour un freelance avec douze comptes, c'est deux heures hebdomadaires de travail répétitif et peu valorisable. C'est exactement l'arbitrage que nous détaillons dans notre calcul honnête entre agence et gestion interne : la tâche est simple, c'est sa fréquence qui la rend coûteuse.

C'est le travail que PPCleaner fait chaque nuit : lire les termes de recherche payés sur Search, Shopping et Performance Max, identifier ceux qui n'avaient aucune chance de convertir, et les ajouter en exclusion — jamais un terme qui a converti dans les 90 derniers jours, et chaque blocage annulable en un clic pendant 90 jours.

Deux limites à poser clairement. PPCleaner ne touche ni à vos budgets, ni à vos enchères, ni à vos annonces, ni à vos mots clés achetés : si votre problème est une page d'atterrissage qui ne convertit pas ou une offre trop chère, aucune exclusion ne le réglera. Et l'outil dépend entièrement de la qualité de votre suivi des conversions : si vos conversions ne remontent pas correctement, un terme qui vend vraiment apparaîtra comme un terme mort. Avant d'automatiser quoi que ce soit, vérifiez que vos conversions sont justes. C'est la seule étape où personne ne peut travailler à votre place.

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Questions fréquentes

Les listes de mots clés négatifs à télécharger sont-elles inutiles ?

Non, mais elles règlent le problème le moins cher. Elles couvrent les familles génériques — emploi, salaire, formation, définitions, pdf — qui représentent rarement plus que quelques dizaines d'euros par trimestre dans un compte moyen. Utilisez-les comme point de départ le jour du lancement, quand vous n'avez encore aucune donnée, puis remplacez-les progressivement par votre propre liste issue du rapport sur les termes de recherche. Et vérifiez chaque ligne avant de la coller : « gratuit » et « pas cher » figurent dans presque toutes ces listes et convertissent dans beaucoup de comptes.

À partir de combien de clics sans conversion faut-il exclure un terme ?

Cela dépend du type de terme. Si le terme n'a rien à voir avec ce que vous vendez — « salaire serrurier », « c'est quoi un SIRH » — un seul clic suffit, la question du volume ne se pose pas. Si le terme est pertinent mais ne convertit pas, attendez qu'il ait dépensé deux à trois fois votre coût par conversion cible avant de trancher. Avec un objectif à 60 €, cela veut dire 120 à 180 € de dépense sur ce terme précis. En dessous, vous excluez du bruit statistique, pas du gaspillage.

Pourquoi mes exclusions ne bloquent-elles pas les fautes d'orthographe ?

Parce que les mots clés à exclure ne prennent pas en compte les variantes proches, comme Google le précise dans son aide. Un mot clé acheté peut se déclencher sur « velo electrique » sans accent ; une exclusion en mot clé exact sur « vélo électrique » ne bloquera pas cette version-là. Singulier et pluriel se comportent de la même façon. C'est une des raisons pour lesquelles une liste recopiée fuit : elle a été écrite avec l'orthographe et les variantes de quelqu'un d'autre, pas avec celles qui apparaissent dans votre rapport.

Puis-je utiliser une liste d'exclusions partagée sur Performance Max ?

Non. Performance Max accepte jusqu'à 10 000 mots clés à exclure au niveau de la campagne, mais pas les listes partagées. Si vous avez plusieurs campagnes PMax, les mêmes exclusions doivent être poussées et maintenues campagne par campagne. Le Shopping standard, lui, accepte les exclusions et les listes partagées comme le Search. Dans un compte qui fait tourner les deux, c'est souvent côté PMax que les exclusions prennent du retard.

Une exclusion peut-elle faire baisser mon volume de conversions ?

Oui, et c'est le risque principal d'une liste recopiée sans relecture. Exclure « gratuit » coupe aussi « devis gratuit », exclure le nom d'un concurrent coupe aussi « alternative à ce concurrent ». Avant de poser une exclusion large, cherchez le mot dans votre export complet, colonne conversions incluse : s'il apparaît dans des termes qui ont converti, renoncez ou restreignez la formulation. Et gardez toujours la possibilité de revenir en arrière rapidement, avec une trace datée de ce que vous avez ajouté et quand.

À propos de l’auteur

Alain Abulafya

Fondateur de PPCleaner · Consultant Google Ads & media buyer

Alain travaille dans le digital depuis plus de 15 ans, dont plus de 10 consacrés à la gestion et à l’optimisation de campagnes Google Ads. Il a accompagné plus d’une centaine d’annonceurs, en e-commerce comme en génération de leads, et il est Google Partner. Il a créé PPCleaner pour automatiser l’analyse des termes de recherche qu’il faisait à la main pour ses clients.

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